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Covid-19 au Sud-kivu

BUKAVU est-elle confinée ?

 

Contexte

Actuellement l’humanité entière est en crise due à la pandémie de la COVID-19 qui  a déjà atteint tous les coins de la planète où elle continue à causer des milliers de morts. Les statistiques de l’OMS sur les cas d’infection à la COVID-19 sont effrayantes. A les parcourir, on a l’impression que la situation est irréversible. A chaque seconde, des nouveaux cas d’infection sont enregistrés à travers le Monde. A la date d’aujourd’hui (16 mai), le nombre de personnes infectées a atteint plus de 4 654 991 cas dont 309.133 décès.

En RDC, les premiers cas d’infection à la COVID-19 ont été déclarés début mars 2020 et l’Etat d’urgence sanitaire d’une durée d’un mois déclaré le 18 mars 2020.  Depuis lors le pays est confiné et les mesures barrières arrêtées pour contenir la pandémie. Cependant, à moins de 2 mois, cette pandémie s’est propagée rapidement à travers le pays où on compte plus de 1370 cas d’infection (dont 4 cas au Sud-Kivu), avec un taux de mortalité le plus élevé en Afrique. Les mesures barrières ne semblent pas respectées à Bukavu. barrières ;

Photo illustrative : Ir. Christian Chokola présentant l'oeuvre de leur équipe au Gouverneur de la Province

En réponse, les autorités locales multiplient de mesures restrictives des libertés pour encourager les individus à se confiner. Il s’observe malheureusement que la mise en œuvre de ces mesures se heurte à la résistance de la population.

 

Deux mois, après que l’Etat d’urgence sanitaire ait été décrété, il s'observa que :

  • Plusieurs activités suspendues fonctionnent : les restaurants, le transport en commun, les églises de réveil, les marchés, les débits de boissons, et d’autres activités du secteur informel comme l’artisanat, etc). Les bières se consomment plus qu’avant (les gens s’enferment dans des débits des boissons du matin au soir parfois sous l’œil vigilant de agents de l’ordre) ;

  • Les gens sont sceptiques à la COVID-19 (Les gens disent que si réellement il ya COVID-19, ça sera la catastrophe à Bukavu !) raison pour laquelle nombreux ne respectent pas les mesures

  • La distance sociale n’a pas été respectée. Bien que les gens ne se saluent plus en se serrant les mains, le rapprochement est observé. Le confinement a renforcé la solidarité familiale ;

  • Le confinement a certainement des effets négatifs regrettable sur la jeunesse qui se livre à l’oisiveté faute d’occupation ;

  • On observe le télétravail pour certains et pour d’autres, l’observance d’un travail minimum ;

  • Les élèves et les étudiants sommés de rester à la maison vagabondent dans les rues et d’autres sont occupés par diverses activités (petit commerce, rédaction des travaux de fin des cycles, etc.).

  • Les gens vivent au jour le jour. Ceux qui ont osé observer les mesures barrières se fatiguent déjà et les autorités commencent à relâcher !

  • Les scientifiques observent le télétravail pour finaliser la rédaction d’un papier ou un projet de recherche mais d’autres font un travail minimum en respectant les normes barrières (le cas de Angaza Institute à l’ISDR-Bukavu, etc.) ;

  • Les ONG et les services publics observent un service minimum où la rotation des personnels est assurée ;

  • Dans les universités, des services minima sont observés et les agents font la rotation.

Pourquoi est-il difficile de confiner le Sud-Kivu et la ville de Bukavu ?

L’équipe locale de la riposte ne donne aucune statistique claire sur le nombre de cas hospitalisés ou en réanimations, quel taux de guérison ? bref, rien de clair sur la surveillance de la courbe épidémiologique. Plus il ya de la transparence, plus la maladie devient une réalité assumée dans la population. Ce qui n’est pas encore le cas.

Néanmoins, parmi les raisons, on peut citer:

  1. Les populations du Kivu ne connaissent aucune expérience de l’Etat d’urgence, malgré les guerres et multiples catastrophes humanitaires ! C’est pourquoi, les mesures arrêtées sont constamment contestées, leur respect restant tributaire à la contrainte, parfois violente des agents de l’ordre ;

  2. L’Ordonnance présidentielle sur l’Etat d’urgence sanitaire n’a pas tenu compte des réalités locales congolaises dans un pays où l’économie est extravertie ! 

  3. Le phénomène de sous-emploi est répandu dans la province et touche 80,2% de la population active occupée ;

  4. Plus de 80% de la population du Sud-Kivu vit en dessous du seuil de pauvreté. Le Sud-Kivu est identifié comme l’une des provinces les plus pauvres de la RDC où environ six habitants sur sept y vivent en dessous du seuil de pauvreté (Ansoms et al. DSCRP, PNUD, etc); De ce fait, le Sud-Kivu est une des provinces les plus indigentes de la RDC ;

 

La province du Sud Kivu est la deuxième province de la RDC où le taux de chômage est le plus élevé.Le secteur informel joue un rôle positif en période de crise dans la stratégie de survie des ménages par les emplois qu’il crée (ce secteur emploie plus de la moitié de la population dans des activités diverses telles que : l’artisanat, le petit commerce, les femmes porte-faix, la construction, l’exploitants agricoles, la main-d’œuvre sans qualification, etc.)

Le Sud-Kivu, jadis grenier des provinces environnantes par sa production agricole, ne parvient même plus à assurer l’autosuffisance alimentaire de sa propre population. Pour sur (vivre), les denrées alimentaires sont importées (ex. le riz, le haricot, la farine de manioc, la viande, la tomate, etc.).

 

Quelles mesures à adopter dans la lutte contre la Covid-19 au sud-kivu ?

  • Organiser les tests COVID-19 sur place

  • Désinfecter les lieux publics

  • Apporter un appui holistique aux gagnes petits (Veuves, handicapés, femmes portes faix) pour renforcer la résilience

  • Organiser des campagnes de sensibilisation du public sur les mesures barrières

  • Apporter des appuis aux formations sanitaires (masques, respirateurs, gel hydroalcoolique, etc)

  • Apporter un appui aux organisations de la société civile dans la sensibilisation et le monitoring des abus et violations des droits humains.

Photo illustrative : Gouverneur de la Province du Sud-Kivu

Conclusion

 

Il serait intéressant d’informer, d’éduquer, et de traiter la population en adulte avisés pour l’accompagner et renforcer sa compréhension de cette pandémie plutôt que de garder les données comme un secretLa réponse à la COVID-19 devrait s’appuyer sur les réalités de la vie des gens et être axée sur l’élimination des obstacles auxquels les individus sont confrontés pour pouvoir se protéger et protéger leurs communautés. Cela devrait procurer finalement une réponse plus efficace, plus humaine et plus durable à l’épidémie. Aussi, ce serait encore mieux si on savait lutter efficacement contre des maladies qui font sérieusement des victimes au Congo (paludisme, rougeole, cholera, Ebola, etc.) sans oublier la faim et la malnutrition.

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